Question de visiteur & réponse proposée
Ces questions et réponses ont été rendues anonymes
en changeant quelques détails (prénoms, ville, âge exact, profession...)
afin de protéger l'intimité des personnes concernées
Voilà je me permets de solliciter
(une dernière fois ) vos lumières sur une question.
J'ai pas du tout confiance en moi et le
fait d'être entouré d'athées qui veulent me montrer par
tous les moyens que Dieu n'existe pas me fait douter à la longue du bien
fondé de ce en quoi je crois. Et ils m'ont posé une question comme
quoi si Dieu existe et s'il a organisé le monde de manière a ce
que tout ait une fonction, pourquoi pleut-il sur la mer? D'accord ils ont piqué
cette question à un célèbre auteur mais une question aussi
bête que ça arrive à me faire douter de l'existence de Dieu.
C'est vrai, a priori que la pluie sur la mer n'est pas d'une grande utilité.
À votre avis, comment croire en Dieu en admettant que certains éléments
naturels nous semblent absurdes par rapport à la complexité de
l'univers? Observer la complexité de l'univers me fait croire en Dieu,
mais c'est vrai que considérer qu'il puisse pleuvoir sur la mer ne démontre
pas l'inexistence de Dieu mais me fait réfléchir sur une de ses
décisions qui me semble pour le moins étrange.
Merci pour cette question. C'est un argument rigolo, d'une naïveté
dont certains discours d'église sont probablement partiellement responsables,
il faut le reconnaître.
Quand il pleut, Dieu n'est pas dans la pluie, pas directement.
Quand un enfant naît, ce n'est pas Dieu non plus qui a donné
l'enfant. Son existence et son action sont d'un autre ordre, à un autre
niveau.
On a parfois comparé Dieu à un habile artisan,
c'est encore de l'anthropomorphisme (c'est à dire qu'a force de simplifier
on fait de Dieu un homme). Dieu n'est pas un jardinier qui arrose ses fleurs.
Dieu existe comme une intention, un élan de création qui traverse
tout l'univers et nous-mêmes. Cette intention, ce projet, c'est la vie,
c'est l'harmonie entre les êtres, une harmonie basée sur l'amour
et le service. Cette intention existe comme une force d'attraction qui s'applique
à toute chose en ce monde, mais sans la violence du geste de l'artisan
qui modèle la matière pour la faire rentrer dans on plan. Dans
la Bible, Dieu est plus souvent comparé un souffle de vent. Cela peut
sembler péjoratif "c'est du vent", oui, Dieu "c'est
du vent", nous dit la Bible, pas pour dire qu'il est bidon comme voudraient
le faire croire certains, mais il agit effectivement avec la discrétion
d'un souffle de vent qui pousse un peu toute chose dans une bonne direction,
un souffle de vent contre lequel on peut résister si l'on désire.
Ce n'est donc pas Dieu qui fait directement pleuvoir, il suscite
dans la nature une évolution vers la vie, la vie ne peut exister sans
une multitude de réactions chimiques complexes qui ne peuvent se faire
sans un solvant qui mette les différents composants en contact. La
pluie est une réponse à ce besoin de solvant. On peut donc dire
que Dieu est derrière la pluie, mais de façon lointaine, et
ce n'est certainement pas lui qui fait pleuvoir ici et pas là. La nature
et nous mêmes avons bien plus de liberté que cela, et le hasard
a aussi un rôle.
S'ouvrir à cette puissance d'évolution qu'est
Dieu n'est donc pas du tout contradictoire avec notre propre liberté,
au contraire. C'est vrai qu'en s'ouvrant à lui on choisit de se laisser
influencer, dans un sens, cela restreint notre liberté (par exemple
on doit avoir moins envie de tuer et de haïr si l'on se laisse sincèrement
influencer par le Dieu créateur de la vie). Mais en s'ouvrant à
Dieu on reçoit aussi quelque chose de sa puissance d'évolution,
cela doit nous rendre plus clairvoyant sur la réalité, sa valeur
profonde, les scandales et les solutions possibles, cela doit nous rendre
plus maître de nos propres moyens. Tout cela fait qu'en définitive,
s'ouvrir à Dieu est libérant.
Avec mes amitiés respectueuses.
pasteur Marc Pernot