Bonjour,
J’admire vos réponses très proche de ma pensée. Je suis plutôt libéral (voir conservateur par disposition), protestant, et je crois entièrement qu’aux 4 évangiles. Je considère que le nouveau testament étant un texte inspiré de Dieu ne fait que refléter la façon dont ses auteurs Matthieu, Luc, Jean, et Paul ont interprété, rapporté et comprit les événements avant ou après la mort de Jésus.
Par exemple, l’avis de Paul sur les femmes n’est pas un dogme de foi. C’est son opinion à lui, celle d’un homme de son siècle qui n’engage que lui.
Détrompez-moi : n’est-ce pas lui qui a imposé une apologie très positive du célibat – parce qu’il était célibataire – et négative des relations sexuelles avant mariage ? Pourtant, on ne trouve dans les Évangiles aucune apologie positive du mariage et négative des relations sexuelles hors mariage…
Le sexe comme motivation, oui, mais pas comme objectif de la rencontre, et pas nécessairement après le mariage. Bien entendu, je considère que le mariage est une institution faite pour les droits des enfants. Donc, il est hors de question d’avoir des enfants avant le mariage. Mais grâce au progrès, nous avons le préservatif (qui permet d’éviter les enfants et les maladies). De même, c’est bien après le mariage que l’on peut pleinement apprécier les rapports sexuels car libérés de ses contraintes.
Qu’en pensez-vous ?
réponse proposée
Bonjour, et bravo pour vos réflexions, pour votre lecture de la Bible, libre et intelligente.
La question de Paul et du célibat est un peu complexe car sa position a changé au cours des années.
- Dans les lettres les plus anciennes, Paul pensait que la fin du monde allait arriver très très bientôt, et il ne voyait donc pas d’utilité majeure dans le fait de se marier et avoir des enfants, sauf pour ce qui est du plaisir sexuel. Cela montre en passant que ce plaisir n’est pas honteux, bien entendu, et qu’à lui seul il peut justifier le mariage, en dehors de tout projet de conception d’un enfant. A la même époque, le travail lui même, n’est pas d’une nécessité absolue et l’on voit les premiers chrétiens, dans le livre des Actes, vendre même leurs champs pour vivre sur ce capital, pensant que la fin des temps était pour les semaines ou les mois à venir…
- Quelques années après, les premiers chrétiens ont compris que la fin des temps était plus une notion théologique et existentielle que historique. Nous sommes dans la fin des temps, le temps d’être en communion avec Dieu. Les premiers chrétiens qui avaient vendu leur champ et arrêté de travailler étaient devenus « les pauvres de Jérusalem » et l’apôtre Paul organise des collectes pour les aider. Paul encourage alors à reprendre le travail, à se marier de nouveau et à avoir des enfants.
Cela dit, il est délicat d’assimiler l’amour au sens français du terme et l’amour de Dieu ou l’amour du prochain tel que Jésus en parle. En hébreu ou en grec il y a des mots différents. Il est possible :
- d’aimer selon l’agapè (qui cherche le bien de l’autre)
- d’aimer selon l’eros (joie ou plaisir que l’on ressent soi-même grâce à l’autre)
- d’aimer selon la philia (liens d’amitiés)
Ces différents amours se déclinent eux-mêmes selon les différentes dimensions de notre être : les sentiments, l’intelligence, la sensualité, le service de l’autre… Si l’on ne garde que ces trois dimensions et ces trois types d’amours, cela fait déjà neuf façons possibles d’aimer l’autre. Ce n’est pas une équation, mais cela montre la richesse de cette relation, richesse qui gagne à être un petit peu pensée, analysée, afin de ne pas faire n’importe quoi de sa propre vie et de ne pas faire trop de mal aux autres aussi. Et ne pas confondre désir et amour (c’est une de ces multiples composantes possibles), ni confondre le seul sentiment amoureux et l’amour (ce n’est qu’une des composantes de l’amour, composante naturellement très instable, comme notre humeur,…)
A mon avis, le mariage est plus qu’une institution pour protéger les enfants. Je crois à l’engagement, à la fidélité. A mon avis c’est important pour soi-même et pour l’autre. Même en dehors de tout projet d’enfant, il me semble bon de choisir son partenaire, de s’engager mutuellement, de lui être ensuite fidèle. Ce n’est pas un commandement biblique, ce n’est pas une obligation divine, c’est juste important pour notre cheminement de vie. La polygamie est une chose difficile à vivre pour les femmes (j’ai eu l’occasion d’en discuter à plusieurs reprises avec des africaines et des africains, mais il c’est bien décrit également dans la Bible avec les histoire entre les femmes d’Abraham, ou celles de Jacob). Les hommes et les femmes qui vivent en changeant tout le temps de partenaires, ou avec de multiples partenaires ne me semblent pas tellement non plus être dans un cheminement très favorable à l’approfondissement ou à l’élévation…
Bref, c’est une bonne idée de s’engager, de s’engager vraiment, visiblement, formellement (pas simplement avec de belles paroles). Et cela me semble une bonne idée de demander à Dieu de bénir cette union. Dieu est créateur, on peut compter sur lui pour qu’il nous aide à grandir petit à petit. C’est un grand service : pour nous aider à voir un petit peu plus clair et à un peu mieux arriver à faire ce que l’on pense juste.
Bonne route à vous, par la bénédiction de Dieu
pasteur Marc Pernot
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