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Question de visiteur & réponse proposée
Ces questions et réponses ont été rendues anonymes
en changeant quelques détails (prénoms, ville, âge exact, profession...)
afin de protéger l'intimité des personnes concernées
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Sexualité et foi
Bonjour,
Je suis responsable d'un groupe de jeunes
de 15/16 ans dans ma paroisse, ils ont beaucoup de questions et évidemment
le thème de "sexualité et foi" les branche beaucoup!
C'est un domaine où je ressens une grande responsabilité, car
ils s'attendent à ce que je leur donne des réponses étanches
à des questions comme "Un Chrétien peut-il avoir des relations
sexuelles avant le mariage?" ou "Peut-on être homosexuel et
chrétien" et j'ai peur que mes positions trop philosophiques/libérales
ne soient choquantes ou pas assez sécurisantes pour les jeunes. Je ressens
aussi une certaine pression (indirecte) de certains parents qui apprennent à
leurs jeunes que la seule relation sexuelle possible est celle d'un couple hétérosexuel
marié, et que tout autre relation est à condamner et qui voudraient
que je dise la même chose. Je ne peux pas dire les choses de cette manière,
mais je ne veux pas non plus choquer ces jeunes-là. Il y a aussi dans
le groupe des jeunes de familles constituées de divorcés et de
parents non-mariés, et je ne veux pas avoir l'air de critiquer le comportement
de ses parents!
Auriez-vous des conseils à me donner
?
Merci beaucoup
Chère Madame,
Voici d'abord quelques pistes de méthode
de réflexion pour ce qui est de la morale en général,
je crois que les 2 versets clés, dont vous pourriez partir avec vos
jeunes, sont :
- "Tu aimeras Dieu + ton prochain + comme toi-même" (Marc
12:29) = trois amours pas faciles + liés. Attention amour ici n'est
pas la sympathie ni le coup de foudre, mais vouloir activement du bien.
Du point de vue moral, l'amour du prochain et de soi-même a une
application directe évidente. Aimer Dieu => agir dans son sens,
pour plus de vie, d'harmonie, de bienveillance, de joie...
- "tout est permis mais tout n'est pas utile, tout ne construit pas,
et je ne me laisserai asservir (devenir esclave) par rien" (1Corinthiens
6:12, 10:23)
Cela peut être intéressant de chercher avec eux
comment on peut faire fonctionner ces 2 versets comme des méthodes
pour réfléchir soi-même à ce que l'on veut vivre.
Pour ce qui est du sexe, il peut être
utile de rappeler :
- que le corps est une bonne chose, voulue par Dieu (selon la Bible)
=> pas quelque chose de sale, ou de négligeable + Dieu veut
pour chacun le bonheur, la joie, la santé, le développement.
- Mais que nous ne sommes pas qu'un corps, nous savons aussi d'autres
dimensions à notre être qui interagissent entre elles =>
la vie de notre corps n'est pas indépendante de ce que nous sommes
ni de ce que nous serons demain. (ex. Si je ne respecte pas mon corps,
quelle image de moi puis-je avoir, et si j'utilise l'autre comme un objet?)
- Et le corps est temporaire, donc à mettre à la 2e place
par rapport à ce qui est éternel = "la foi l'espérance
et l'amour", si on veut). => d'accord pour le corps, pour la joie,
le plaisir, mais pas au détriment de ce que nous sommes, ni au
détriment de la qualité des relations.
- Mais, le plaisir est une bonne chose, et le sexe n'est pas que pour
faire des enfants. Dans de bonnes conditions de respect de l'autre et
de moi-même, le plaisir est bon, saint, voulu par Dieu. Cela dépend
dans quel état d'esprit c'est fait. Cela peut être effectivement
malsain si on devient esclave, si ça nous coupe des autres, si
ça devient trop important pour nous...
Une dernière clé importante pour la réflexion
sur la morale est de rappeler que la grâce de Dieu
l'emporte sur tout le reste => même si on se conduit mal,
cela ne diminue pas l'amour de Dieu pour nous => pas de chantage. La volonté
de Dieu = c'est pas pour nous piéger, ce n'est pas un examen, mais
ce qu'il nous propose = c'est une bonne idée parce que ça va
dans le sens de la vie, du bien...
Mais je n'appliquerais pas tesl quels les versets moraux de
la Bible, tels quels, en particulier pas les ordres donnés par Paul,
sur l'homosexualité, le mariage, la consommation des viandes, la place
de la femme... Parce qu'il faut replacer cela dans son contexte (qui est loin
du nôtre = à travers les siècles, culture, pays).
Une telle réflexion me conduit à certaines lignes
de conduites personnelles:
A propos des relations sexuelles:
Je crois très sincèrement que l'idéal
c'est effectivement de ne pas coucher à gauche et à droite
mais que sexe et amour vrai soient associés. Ce n'est pas forcément
être puritain ou rétro. On a le droit de faire le choix du
romantisme. Ne pas se laisser asservir, c'est déjà ça
= ne pas se laisser avoir par la pression de la foule. Alors si ce que je
veux vivre n'est pas à la mode, cela n'a pas tellement d'importance.
J'ai rencontré plusieurs jeunes qui ont été
super déçus par leurs premières relations sexuelles,
parce qu'ils n'étaient pas prêt(e)s, que ce n'était
pas la bonne personne, que c'était juste pour voir, pour "l'avoir
fait" = c'est dommage quand même.
Et coucher partout, sans être dans une relation vraie,
sans s'engager l'un vis-à-vis de l'autre = ce n'est pas que ce soit
sale en soi, mais ce n'est pas favorable à l'épanouissement
de l'être humain, à mon avis.
Qu'on le veuille ou non, le sexe n'est pas quelque chose
d'anodin, comme de faire une partie de tennis avec une autre personne. Cela
implique bien plus dans notre façon d'être et dans notre regard
sur les autres. Il est donc capital que l'amour soit présent.
Pour ce qui est de l'homosexualité et
du célibat
En général, les homos assument assez bien,
car maintenant, heureusement, il y a plus de respect des différences.
Mais ce n'est jamais facile, et s'ils avaient eu le choix, très souvent,
cette personne aurait préféré être hétéro
+ vivre en couple homme-femme, pour la vie, avec des enfants. Parce que
c'est ça qui est le + épanouissant, je le crois sincèrement.
Le malaise est le même pour le célibataire, c'est respectable
mais c'est rarement un choix libre et joyeux.
Cela dit = respect + pas de pub ni pour l'homosexualité
ni pour le célibat, car pour moi (qui suis célibataire), je
pense que l'idéal = c'est la famille constituée par un couple
homme-femme, fidèle pour la vie (et pas seulement du point de vue
du sexe), et qui élève des enfants.
Et si je suis d'accord avec le pape pour penser que ce modèle
traditionnel est le meilleur, tant mieux finalement.
Mais il y a des points où je ne suis pas d'accord avec
lui:
D'abord parce que tout le monde n'a pas la chance, ou la force
de vivre la meilleure solution, le top des tops. La vie est comme ça.
Parfois, on n'a pas le choix entre une bonne et une mauvaise solution, mais
entre 2 mauvaises solutions parmi lesquelles il nous faut choisir la moins
mauvaise.
C'est le cas du divorce = oui ce
n'est pas bon. Je pense que tout le monde est d'accord là-dessus. Mais
parfois c'est quand-même mieux de divorcer que de gâcher la vie
de toute la famille. On peut aussi essayer de le faire le moins défavorablement
possible + pourquoi pas alors refaire sa vie avec un(e) autre si c'est vraiment
encore avec cette idée que maintenant, ce sera pour la vie toute entière
+ dans la fidélité.
Et ainsi, plutôt que de se placer dans le domaine du
il faut/faut pas = peut-être serait il mieux d'aborder ainsi la question,
comme Paul, sur le plan du = ça construit / ça construit pas
/ ça démolit. Un Psi (chrétien + bien) pourrait être
invité qui présenterait des cas concrets, sans jugement moral
mais plutôt clinique, de situations vécues et des conséquences
sur le développement, l'équilibre de la personne + de son entourage...
J'espère que cette improvisation libre vous donnera
quelques pistes.
Fraternellement.
pasteur Marc Pernot
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Le temple de l'Oratoire du
Louvre photo Oratoire du Louvre
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