Oratoire  du  Louvre .fr Recherche sur oratoiredulouvre.fr

 

Bienvenue

Page d'accueil
Contacts
Accès à l'Oratoire
Agenda des rencontres
Activités pour tous
Activités de Jeunesse
Catéchisme d'adulte
Bulletin
Concerts à l'Oratoire
Patrimoine
Soutenir l'Oratoire
Faire une offrande en ligne
Quelques souvenirs
Blog: réflexions & débats

Réflexion

Questions & Réponses
Prédications
Petit dico de théologie
Articles / Dossiers
Audio / Vidéo
Téléchargements
le Protestantisme
Confessions de Foi
Histoire Protestante
La croix Huguenote
Nuit de l'éthique
Anciennes Prédications

En Relation à Dieu

Prier chez soi
Lire la Bible
Le Culte
Textes pour un Culte
Communion (Ste Cène)
Baptême d'enfant
Baptême d'adulte
Profession de foi
Mariage
Service Funèbre

Ouvertures

Entraide de l'Oratoire
Chœur de l'Oratoire
Eglise Réformée
Fédération Protestante
Scoutisme
La Clairière
Évangile et liberté
Cantates de Bach
Liens vers d'autres sites

 

Question de visiteur & réponse proposée
Ces questions et réponses ont été rendues anonymes
en changeant quelques détails (prénoms, ville, âge exact, profession...)
afin de protéger l'intimité des personnes concernées

question
précédente
triangle liste triangle suivante

 

Une série de questions sur les obsèques protestantes

Je me posais l'autre jour toute une série de questions sur les obsèques (une de mes amies est en phase terminale de cancer, alors forcément la mort s'invite facilement dans les réflexions). Je me souviens d'avoir assisté à l'enterrement d'une amie catholique (elle aussi morte de cancer, j'en ai vraiment après cette maladie!) qui m'avait beaucoup choquée. Toute la cérémonie était en tension entre un culte rendu à son corps, avec le cercueil qui était là au milieu et l'eau qu'on asperge dessus à la fin en se prosternant (j'ignore la signification du geste et du coup ça me parait vraiment très bizarre), l'évocation de son souvenir (la partie qui m'a paru la plus "juste" de la cérémonie) et le fait de demander à cette amie maintenant en bonne position auprès de Dieu de nous obtenir des faveurs particulières (je caricature d'accord, mais ça m'avait vraiment choquée, surtout que ça m'avait paru très loin de sa foi).

A l'inverse l'enterrement d'un de mes grands-pères, sans cérémonie religieuse, m'avait paru plus juste, plus recueilli : il y avait eu simplement l'évocation de son souvenir et un moment de recueillement.

Maintenant j'aurais tendance à dire que pour moi une cérémonie d'enterrement est avant tout l'occasion pour tout ceux qui ont connu la personne et l'ont aimée de partager son souvenir, de se recueillir, de dire au revoir à cette personne et aussi de retourner vers la vie (réentendre l'Evangile pour les chrétiens, mais aussi simplement un texte qui parle de la vie ou un repas pris en commun).

Comment ça se passe une cérémonie d'obsèques à l'Église Réformée? J'imagine que c'est assez personnalisé ? Quelle est la place du corps ?

 

Salut,

Voici quelques réflexions suite à ton mail intéressant,

Le coup de goupillon d'eau bénite sur le corps est un symbole que nous ne pratiquons effectivement pas chez nous, pour la raison que tu indiques : notre espérance n'est pas dans le corps, c'est une excellente dimension de notre être, mais cette dimension est temporaire, et quand le corps n'est plus vivant, ce n'est plus qu'un morceau de poussière, ce n'est plus la personne, elle n'est en tout cas plus là-dedans. Nous sommes pleinement en communion sur cela, tous les chrétiens, catholiques & protestants en tout cas. Mais je crois comprendre ce symbole catholique, il est une bénédiction sur la personne tout entière, un rappel du baptême. C'est peut-être aussi une sorte de rite ayant pour objectif de hâter son passage à travers le purgatoire vers le paradis (c'est un peu surréaliste, mais il y en a qui y croient dans l'église catholique). Car la cérémonie catholique a aussi cette fonction, ainsi que les messes anniversaires, celle de demander à Dieu de regarder la personne d'un regard favorable et de l'intégrer au plus vite dans le paradis.

Dans la cérémonie protestante, c'est une chose que l'on ne fait pas du tout : de prier pour la personne morte. Il nous semble que si Dieu est amour comme nous le dit le Christ, il n'y a pas à le supplier de vouloir du bien à la personne qui est morte. Quand on prie Dieu pour une personne vivante, c'est un peu ambigu aussi, mais au moins notre prière a des chances de s'exaucer en nous donnant à cœur un coup de main ou une parole qui aide la personne pour qui nous prions. Mais pour un mort, il n'y a même plus ça, alors, effectivement, mieux vaut ne pas prier pour elle. Nous prions plutôt pour les vivants, pour ceux qui sont dans le deuil pour qu'ils ressuscitent dès maintenant et trouvent ou retrouvent une espérance, un enthousiasme de vivre en aimant.

haut de la page

A l'inverse l'enterrement d'un de mes oncles, sans cérémonie religieuse, m'avait paru plus juste, plus recueilli : il y avait eu simplement l'évocation de son souvenir et un moment de recueillement.

Évoquer avec affection la personne que l'on a perdue, c'est déjà ça, et quand c'est dépouillé de manières et de chichis, ça me plait bien. Certains sont rassurés par un sorcier qui fait le tour du cercueil en faisant une danse sioux avec de l'encens et de l'eau bénite. Moi, ça me hérisse (si je me sens concerné), ou ça me fait rigoler (si je ne le suis pas trop). Bertrand m'a raconté une blague à ce propos, au cours d'une de ces figures de style où un curé en aube de dentelle tournait autour du cercueil avec de l'encens, un de ses copains s'est penché vers Bertrand et lui a dit : 'regarde cette folle, elle a le feu à son sac à main et elle ne s'en est même pas rendu compte!'. Depuis, j'ai du mal à ne pas rigoler tout seul en voyant cela, ce qui n'est pas très aimable, et même pas respectueux du tout.

haut de la page

Maintenant j'aurais tendance à dire que pour moi une cérémonie d'enterrement est avant tout l'occasion pour tout ceux qui ont connu la personne et l'ont aimée de partager son souvenir, de se recueillir, de dire au revoir à cette personne et aussi de retourner vers la vie (réentendre l'Evangile pour les chrétiens, mais aussi simplement un texte qui parle de la vie ou un repas pris en commun).

Tout à fait d'accord. J'essaye seulement de faire attention à ce que je mets en avant de la personne, en fait j'en dit assez peu, et plutôt des choses qui sont de l'ordre de la qualité de relation plus que de l'ordre de l'action, son métier... J'essaye d'insister plus sur l'amour qu'a ses proches pour la personne morte. Parce que cela me semble fidèle à l'évangile : c'est l'amour qui est plus fort que la mort. Et ce qui importe le plus dans un acte, c'est ce qui l'a inspiré comme amour. Si l'on insiste trop sur ce qui a été accompli, j'ai toujours un peu l'impression que, du coup, le handicapé ou le clodo n'a aucune valeur, pas d'humanité. Or, il me semble que la grâce dont témoigne l'évangile, c'est que nous recevons notre valeur comme un don, celui de l'amour dont nous sommes aimés. Et si nous aimons un peu, ce n'est pas pour valoir plus, ou pour mériter à posteriori l'amour dont nous sommes aimés, mais également par grâce, pour le plaisir de rendre les gens un peu plus heureux.

Et, oui, j'essaye de témoigner de l'évangile à partir d'un texte biblique qui me semble aller un peu avec au moins un aspect de ce qu'était la personne morte.

haut de la page

Comment ça se passe une cérémonie d'obsèques à l'Église Réformée? J'imagine que c'est assez personnalisé ? Quelle est la place du corps ?

Les obsèques ERF sont assez dépouillées et simples. Il y a souvent le cercueil en plein milieu, ce qui n'est pas trop à mon goût non plus. Certaines familles parmi les plus engagées dans la foi font d'abord l'inhumation ou la crémation du corps, dans la stricte intimité (avec juste une petite prière), et le culte a lieu seulement après avec la famille et les amis. Je trouve ça pas mal, car le moment le plus dur est de quitter le corps, justement. Une fois cela fait, on peut passer aux choses sérieuses, pour ainsi dire, à ce qui demeure : la parole de Dieu, l'amour, la louange pour ce que l'on a reçu de cette personne.

La place centrale de ce culte est occupée par la lecture de la Bible et une prédication dessus, encadrée par deux prières de louange pour ce que l'on a reçu de la personne morte, d'un appel à Dieu pour qu'il vienne réconforter ceux qui sont blessés par la souffrance. Et il y a, comme dans presque tous les cultes, en introduction une annonce de la grâce et en conclusion une bénédiction de l'assemblée.

S'il y a assez de pratiquants dans la famille, on chante un ou deux cantiques, sinon, je mets de la musique.

Personnellement, j'accepte à peu près tout ce que la famille désire comme témoignage : lecture d'un texte par la petite cousine, musique, et même les bannières et autres drapeaux... Tant pis, après tout c'est leur cérémonie à eux et je ne suis pas là pour leur casser les pieds, après tout (la seule chose c'est que s'ils me demandent de faire des obsèques athées - sans lecture biblique et sans prière-, je leur dis que je suis désolé mais que je ne sais pas faire).

Bonne soirée

Et amitiés

pasteur Marc Pernot

aller en haut
réagir sur ce sujet
question
précédente
triangle liste triangle suivante
poser une question

Réagissez sur le blog de l'Oratoire, faites profiter les autres de vos propres réflexions…

 

 

 

Le temple de l'Oratoire du Louvre - photo http://www.oratoiredulouvre.fr

Le temple de l'Oratoire du Louvre photo Oratoire du Louvre

 


Eglise Réformée de l'Oratoire du Louvre
temple : 1 rue de l'Oratoire et 145 rue Saint Honoré 75001 Paris
secrétariat : 4 rue de l'Oratoire 75001, téléphone : 01 42 60 21 64 (international : +33 142 602 164)
mail : pasteur@oratoiredulouvre.fr