L’Église luthérienne de Suède fête actuellement les 50 ans d’existence de femmes comme pasteur dans leur église (la première consécration ou ordination remonte à 1960).
En France, la première consécration est, me semble t il, en 1949, mais les nominations des premières femmes dans une fonction effective de pasteur datent de 1936 (Elisabeth Schmidt), et 1939 (Marie Durand, homonyme de la célèbre résistante protestante de la Tour de Constance).
Voici une photo de mai 1939 de cette Marie Durand en robe pastorale à côté de son père et de son grand père, tous les deux pasteurs aussi. Elle vient de terminer ses études de théologie de pasteur. Elle attend alors la réponse du Conseil National des Églises Réformées de France sur la question délicate de savoir si elle peut devenir pasteur, ce ministère étant alors réservé aux hommes. Il n’y avait alors qu’Elisabeth Shmidt qui avait reçu une délégation pastorale annuelle depuis 1936, mais toujours en attente, elle aussi, du droit de recevoir la consécration pastorale.
Marie recevra quelques semaines plus tard la réponse du Conseil National en ces termes : « Extrait du procès verbal du Conseil National du 12 au 14 juin 1939 : À une question posée par une bachelière en théologie, le conseil national répond que, jusqu’à ce que le synode national ait établi un règlement du ministère féminin, c’est-à-dire jusqu’en 1941, il n’y a plus lieu d’accorder à des femmes la délégation pastorale. Mademoiselle Durand exercera son ministère à Senones (88) en qualité de diaconesse évangéliste et non de suffragante. » On ne peut pas dire que ces messieurs aient fait preuve en l’occurrence d’un grand esprit prophétique en lui refusant le titre de pasteur. Le synode national évoqué par le Conseil National ne sera pas plus hardi, et il faudra attendre 1949 pour que soit admise la consécration d’une femme, mais à condition que la femme pasteur reste célibataire ! Dernière discrimination qui sera vite levée quelques années après, heureusement.
Mais Marie Durand ne recevra ainsi jamais la consécration pastorale, puisqu’elle mourra dramatiquement en 1947 à la naissance de son enfant, un an après son mariage. Mais le titre officiel de pasteur n’a que peu d’importance puisqu’elle a finalement été nommée dans des fonctions de pasteur, à Senones, puis à Barre des Cévennes. Elisabeth Schmaidt et Marie Durand ont été de fait vraiment reconnue comme pasteurs dans les églises où elle seront en poste. Selon les témoignages que j’ai reçus des paroissiens de l’époque, Élisabeth Schmidt, Marie Durand et les autres femmes qui sont ensuite devenues pasteurs ont été tout autant appréciées que leurs collègues hommes, peut-être même un petit peu plus encore…
En Angleterre, l’Église anglicane a mis à l’ordre du jour de son synode général en juillet prochain à York la consécration de femmes évêques. On s’attend à une flambée d’opposition de la part des conservateurs, emmenés par trois évêques anglo-catholiques qui ont déjà rencontrés la semaine passée des conseillers du Vatican, à Rome, pour discuter des modalités de leur passage au catholicisme.
« Les anglo-catholiques (anglicans de tendance pro-catholiques) sont poussés dehors avec cette nouvelle législation autorisant des femmes évêques. Ils n’ont pas d’autre choix que de partir, a dit l’un d’eux. Nous allons voir ce que l’Église d’Angleterre décide mais à mon avis l’anglicanisme tel qu’il était avec une variété de groupes coexistant pacifiquement, c’est fini ».
Quant aux partisans des femmes évêques, ils se réjouissent en espérant que ce synode de juillet sera le bon et qu’il n’y aura pas de combats d’arrière-garde pour tenter de retarder une fois encore la décision.
Parmi ceux qui ont effectivement quitté l’Église épiscopalienne pour entrer dans l’Église catholique, l’un d’eux, le Très Rév. Daniel Herzog, évêque retraité de la ville d’Albany, vient de revenir dans son Église épiscopalienne et la présidente de l’Église des États-Unis, l’évêque Catherine Schori l’y a réintégré « avec plaisir ».
pasteur Marc Pernot
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