J'ai vu sur yahoo! que dans un nouveau livre,
le pape comparait l'avortement à l'extermination organisée par
Hitler, el les Parlements des démocraties ayant autorisé l'avortement
au parlement allemand qui a mis Hitler au pouvoir et lui a ensuite accordé
les pleins pouvoirs, ouvrant la voie à l'invasion politique de l'Europe,
la création des camps de concentration et (...) la 'solution finale'
de la question juive, qui a signifié l'extermination de millions de fils
et de filles d'Israël... http://fr.news.yahoo.com/050217/5/4a245.html
Que penses-tu de ÇA.... ???? C'est une
honte !
Mais toi, en temps que chrétien, pasteur
... pour ou contre l'avortement ?
En temps que personne qui pourrait se dire que
l'avortement peut aider des femmes ne désirant pas d'enfants, pour ou
contre ?
Salut
Je suis bien d'accord avec toi. Le parallèle fait entre
l'avortement et l'extermination nazie est saisissant. Cela maltraite les personnes
touchées de près par l'extermination nazie. Je m'inquiète
de savoir quelle sera la réaction des familles des déportés
quand elles verront cela. Mais cette comparaison est dramatiques aussi pour
les personnes qui ont décidé de se résoudre à
l'avortement.
Cette comparaison revient à accuser une femme qui avorte,
non seulement de meurtre mais de crime contre l'humanité ! Peut-être
que le pape pense que cela va l'aider à surmonter son deuil, sa souffrance
et sa culpabilité ?
Alors, pour ou contre l'avortement? Dans le cas général,
bien sûr, ce n'est pas bon, c'est toujours un drame, en particulier
pour la mère. Pour le cas idéal, abstrait, je partage l'avis
du pape, en fait.
Mais dans les cas particuliers les choses sont plus complexes.
Si l'avortement n'est jamais une bonne solution, il est parfois la moins mauvaise
des solutions.
Par exemple, une fille de 12 ou 13 ans qui découvre
qu'elle est enceinte et ne le veut vraiment pas, ça peut être
une bonne idée de la laisser grandir d'abord. Dans un autre cas, elle
peut être prête à accoucher "sous X", c'est à
dire de ne jamais voir son enfant et de l'offrir à l'adoption. C'est
une bonne solution mais assez dure à vivre aussi pour la mère
(et souvent pour l'enfant qui se demande qui sont ses parents biologiques).
Il y a enfin la solution de garder l'enfant et de l'élever dans un
foyer ou à l'aide des grands parents... Mais cette solution n'est pas
toujours non plus la meilleure.
Autre exemple : une femme violée qui a en horreur cet
enfant qu'elle porte, l'épreuve de 9 mois de grossesse est parfois
une véritable torture morale, selon la personne.
Autre exemple : un couple qui apprend que l'enfant qu'ils attendent
est gravement handicapé. Si ce couple ne se sent pas prêt à
l'accueillir avec assez d'amour, les parents risquent de se démolir
et de ne plus bien s'occuper de leurs autres enfants, il vaut mieux qu'ils
aient la possibilité d'en attendre un autre dans des conditions plus
favorable. Dans la même situation, d'autres couples peuvent se sentir
prêt à accueillir cet enfant handicapé, et ce sera très
bien de garder l'enfant. Dans ce cas, il est extrêmement dangereux de
vouloir imposer à l'autre une solution qui ne lui convient pas. Il
faut donc laisser la liberté, réfléchir et prier avec
les gens, ne pas juger mais accompagner.
Bref, je crois qu'il faut laisser aux personnes concernées
la liberté de choisir selon leur cas particulier. Culpabiliser les
gens en parlant de crime dans ce cas est quelque chose de vraiment méchant.
Les parents (en tout cas la mère) est déjà éprouvée
par cet avortement, il n'est pas bon de la traiter, en plus, d'assassin, voire
de criminelle comparable à Hitler !
Cela dit, utiliser l'avortement comme moyen de contraception
est mauvais pour tout le monde, surtout aujourd'hui, où il y a des
méthodes faciles et fiables. Mais ce détournement de l'avortement
n'est pas le cas général. En tout cas, je ne crois pas.
pasteur Marc Pernot