Bonjour,
J’aimerais savoir les règles qui existent au sein du protestantisme. Je pense qu’appliquer des règles feras grandir ma foi, pouvez vous me les donner (règle dans la vie de tous les jours) ? Je sais que le protestantisme est très libre mais j’aimerais quand même savoir quelques règles nous avons à suivre dans la vie de tous les jours (par exemple les jours de jeûne, les choses interdites pas forcement connues…)
Merci d’avance !
Réponse d’un pasteur :
Bonjour
Le protestantisme est assez exigeant. Il y a peu de règles, mais elles sont assez difficile : en effet, il faut se déterminer par soi-même, et essayer de s’y tenir, deux choses pas du tout faciles ni l’une ni l’autre ! C’est pourquoi nous insistons beaucoup, dans notre église, sur l’amour et le pardon de Dieu. Nous faisons ce que nous pouvons, nous y mettons notre cœur, ensuite, et bien, nous pouvons compter sur Dieu pour comprendre, pardonner, aider, rattraper ! (selon ses promesses)
La règle, c’est donc de choisir quelles règles on se fixe pour soi-même (et accepter que d’autres personnes aient d’autres règles sans pour autant avoir forcément tort). Cela suppose de se donner les moyens d’être capable de se déterminer soi-même : entraîner son regard sur le monde, sur soi-même et sur la vie, entraîner sa connaissance de Dieu et sa relation à Dieu.
Même la prière, oui, c’est certainement une bonne chose de lire un peu la Bible et de prier régulièrement, mais quand, où, combien de fois par jour, comment… cela dépend de chacun. Pour le culte, c’est la même chose. Certains préfèrent telle paroisse, telle autre personne préfère telle autre, ou telle église, certains y vont tous les dimanches, d’autres une fois par mois… Je peux dire c’est que choisir un rythme et essayer de s’y tenir est plus favorable, je peux dire que pour savoir si l’on a choisi la paroisse qui nous convient, il faut essayer de se demander si on pense progresser dans sa pensée, sa foi, sa relation aux autres et à Dieu.
Pour les temps de jeûne. Ce n’est pas très fréquent chez nous, car dans notre théologie, en général, le fait de se priver de nourriture n’est pas considéré comme faisant particulièrement plaisir à Dieu, qui souhaite plutôt nous voir nous épanouir dans toutes les dimensions de notre être. Mais c’est vrai que l’on peut tout à fait se fixer pour soi-même de respecter un temps de jeûne, raisonnable pour son corps, pour ses facultés. Si c’est fait comme un exercice spirituel, pour nous aider nous-mêmes à faire un peu plus de place à Dieu dans son existence, c’est très bien, sans doute.
Pour le reste, les commandements sont à la fois très simples et donc très compliqués. Comme le dit Saint Augustin: « aime et fais ce que tu veux » (Commentaire de la 1e lettre de Jean). Ou ce que dit l’apôtre Paul « tout est permis, mais tout n’est pas utile, tout est permis, mais tout ne construit pas » (1Corinthiens 6:12, 10:23) Cela est un résumé de ce que propose Jésus comme commandement essentiel : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. C’est là le premier et le grand commandement, et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Aucun commandement n’est plus grand que ces deux-là.. »
Bravo de vouloir ainsi avancer et vivre en étant fidèle. Vous avez raison, cela fera avancer et grandir votre foi, bravo d’avoir cela en perspective, comme le dit Jésus, c’est la clé !
Amitiés
pasteur Marc Pernot
Réaction d'un visiteur
Bien à vous.
Actuellement je suis sans religion mais pas sans Dieu.
Ce qui m’interpelle c’est plutôt la vision cathare ce n’est pas le bon mot en réalité mais : Bon Chrétien à ce qu’ils croyaient.
Jean nous signale le dernier commandement :
Jean 13.34 Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
Jean 15.12 C'est ici mon commandement: Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.
Nous pouvons mettre toutes les phrases au présent, puisqu’en vérité cela fait 2011 ans environ(pour rester audible) le Christ (Chrêstos) est le principe de la vie véritable en tout être.
“Tu aimeras ton prochain comme toi-même.”
Cette phrase me dérange un peu, car je sais que moi-même n’est pas dans la vérité de ce commandement, du moins pas toujours. Et suppose que le Moi et le moi-même (l’Ego) sont unifiés, l’âme purifiée.
L’Apôtre Paul écrit à des croyants surement plus avancés que beaucoup hors de son église.
Ne pensez-vous pas que cette phrase ne soit pas entendue dans le véritable sens dans ce monde qui perd les repères. Nous voyons bien que des êtres s’aiment et font du mal ou se font du mal.
Y compris les religions du maitre du monde avec des milliers de noms et de cultes et du libre arbitre qui ne me semble pas une réalité car cette notion nous vient d’Origène et non pas des textes.
Si le comparatif comme est donné par moi même je pense que c’est insatisfaisant à ma foi, pour le comparatif ce qui est dit dans Jean me semble plus vrai : l’Amour et la Bonté du Christ (Chrêstos) qu’il
a démontré me semble d’un autre niveau de Vérité. Il faut aimer et prier pour et jusqu’a ses ennemis quel qu'ils soient et peu importe leur nature ou leur image et même s’abandonner.
L’Amour Divin , Agapé ou Charité n’a pas de limites et moi-même en avons beaucoup trop, en plus en l’externalisant nous sommes limités par notre nature mortelle limitée par les lois du monde et les lois des hommes.
Pour moi il me semble qu’aimer son proche (y compris le proches par contrat ou par la généalogie) comme Dieu aime, en Bénissant et pardonnant celui ou celle qui nous fait mal, c’est ainsi qu’on aime Dieu il me semble.
Le Notre Père ne nous demande pas de faire autrement. Pas besoin d’exégèse compliquée.
Merci beaucoup de votre patience, et pardonnez-moi si je vous ai choqué ou provoqué.
Bien à vous et Bonne vie en Christ.
Réponse :
Bonsoir monsieur
Merci pour ces réflexions, ce témoignage. Je ne suis pas d'accord avec tout ce que vous écrivez, bien entendu, mais rien de ce que vous avez écrit là ne me choque particulièrement. Au contraire, je trouve ça intelligent et sympa.
Voici quelques propositions de réactions à ce que vous écrivez.
Dans cette phrase : "aimer son proche comme Dieu aime... c’est ainsi qu’on aime Dieu"
- oui, mais pas seulement. On l'aime alors en acte, mais il me semble bon de l'aimer de tout son être , pas seulement par ses actes. C'est ce qu'explicite très bien l'important résumé le la Loi que propose Jésus : il est bon d'aimer Dieu aussi avec son cœur, son âme, ses forces et sa réflexion personnelle.
- ensuite, le "prochain", ce n'est pas seulement celui dont je suis proche par contrat ou généalogie, ni même par géographie... car dans le sens biblique du terme, nous sommes mutuellement le prochain de l'autre si nous avons le même berger. Or nous n'avons tous qu'un seul et même berger : Dieu. C'est cela qui peut effectivement fonder l'amour de l'ennemi et l'amour de celui qui m'est loin physiquement (dans l'espace ou dans le temps).
- Et enfin, Jésus n'a pas dit "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" tout court, mais tu aimeras Dieu... (de toutes les dimension de ton être et de ta dynamique de vie)... et ton prochain comme toi-même". Cela fait que finalement cette phrase est pratiquement la même que dans le passage de jean que vous citez "comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimé, aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés", intégrant complètement l'un à l'autre le lien entre Dieu et nous et le lien entre notre prochain et nous.
Le "comme toi-même" me semble intéressant. Car il indique que si je ne m'aime pas moi-même un peu j'aurai bien du mal à aimer les autres. C'est à mon avis un point essentiel. Et aimer Dieu c'est se faire du bien à soi-même aussi, en s'ouvrant à sa bénédiction, et cela renforce ma capacité à aimer l'autre. Mais je suis d'accord avec vous, la mesure de l'amour idéal, ce n'est pas notre amour à nous mais celui de Dieu pour le monde, celui du Christ pour nous.
Avec mes amitiés et mes vœux de bénédiction
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