Bonjour,
Je suis en train de lire la Bible et j’ai du mal à comprendre une parabole de Jesus de l’evangile de Marc, celle où Jesus parle des riches et dis qu’il ne pourront pas entrer dans le royaume de Dieu. (Marc 10, 23, « Il est plus facile à un chameau… »
Pourquoi, dans la Bible, lorsqu’un riche veut suivre Jésus, Jésus lui demande d’abord de renoncer à ses richesses.
Si vous voyez de quoi je parle, pourriez vous me l’expliquez plus clairement ?
Merci d’avance
réponse proposée :
Merci pour cette question intéressante à double titre, pour cette question de l’argent (si importante dans la mentalité humaine depuis des millénaires), mais aussi sur notre façon de lire la Bible.
Ce passage est tiré de l’Évangile. Par définition même, l’Évangile est une « bonne nouvelle », c’est même la Bonne Nouvelle avec des majuscules, la meilleure de toutes les bonnes nouvelles jamais entendues. Nous avons le droit de lire cette phrase de Jésus comme nous le voulons, comme nous le pouvons, mais en tout cas il faut que notre interprétation mette en valeur une bonne nouvelle, pas une menace de mort.
Personnellement, je crois que ce texte est essentiel. Jésus montre vraiment ce que c’est que la grâce de Dieu. C’est absolument impossible à l’homme de se sauver lui-même, c’est ce que Jésus dit avec cette histoire de chameau. C’est ce que raconte aussi l’histoire de Moïse qui traverse la mer rouge à pieds secs. A vues humaines, c’est impossible. Il faut un miracle. Dieu nous sauve comme ça. Par miracle, simplement parce qu’il nous aime.
Ce que j’aime bien, c’est que l’exemple donné par Jésus est assez amusant, en disant cela, il se moque gentiment des spécialistes de la religion qui disent : pour être sauvé, il faut faire bien ceci, des prières comme ça, en telle quantité… Effectivement, c’est une bonne idée de pratiquer, c’est pour nous ouvrir au salut de Dieu, mais ce ne sont pas ces actes qui nous sauvent, comme si on demandait à un chameau de faire un régime-minceur pour arriver à passer par le trou d’une aiguille.
Pour nous sauver mais il faut un miracle qui vient de Dieu. Et de la part de Dieu, ce miracle n’est pas une chose rare ni difficile. Dieu fera tout pour nous sauver, rien ne nous séparera, ne nous privera de son amour (nous dit l’apôtre Paul).
Faisons donc confiance, comptons sur Dieu pour nous aider à vivre autrement nos richesses, à les gérer de façon constructives.
Et c’est pour cela que nous avons besoin de prier Dieu, de lui rendre un culte, de lire la Bible, c’est pour qu’il nous aide. Nous sommes si souvent possédés par nos richesses, nous les utilisons souvent bêtement, parfois pour des bêtises, parfois généreusement mais en faisant plus de mal que de bien avec une générosité mal placée.
C’est vrai que Jésus dit à un jeune homme riche » Il te manque une chose; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres » mais à bien d’autres personnes, il ne parle pas de la sorte. Par exemple Pierre avait une entreprise de pêche avec des barques et des employés, après la mort de Jésus on le voit, lui et ses amis, reprendre ce travail. Ils n’ont donc pas « tout vendu et donné aux pauvres ». Jésus lui-même avait un vêtement luxueux que convoitent les soldats romains, avec soin groupe de disciple, ils avaient une réserve d’argent pour aider les pauvres et ils étaient eux-mêmes assistés par des personnes riches qui les recevaient dans leur maison, cela n’aurait pas été possible si ces personnes avaient « vendu tout ce qu’elles possédaient et l’avaient distribué aux pauvres »…. Il n’est donc pas possible de lire ce commandement donné à une seule personne comme une consigne universelle.
Jésus, précisément, n’était pas matérialiste et la question fondamentale n’est pas une question d’argent, ni de don, ni de chiffre dans le compte en banque.La question fondamentale est celle de l’amour (amour de Dieu, de son prochain et de soi-même).
De toutes façon, au sens strict,il est littéralement impossible de ne rien posséder du tout. Même le plus pauvre des hommes vivant en ce monde a bien dû manger quelque chose au cours des derniers jours, ou des dernières semaines. Cette bouchée qu’il a mangée, il l’a possédée et non donnée. Et Jésus n’est évidemment pas contre cela. Lui-même mangeait.
Peut-être que Jésus dit à ce jeune home riche de « tout donner » pour lui faire un choc, pour lui faire prendre conscience qu’en réalité sa fortune possède ce jeune homme: que son espérance, l’idée de sa propre valeur comme homme sont placées là dessus, sur sa fortune matérielle, et que ce n’est pas bon pour lui.
Ce que dit Jésus, d’une façon plus générale (Matthieu 6:24) c’est qu’il n’est pas possible d’adorer à la fois Dieu et Mammon (l’argent comme un Dieu). En fait, il n’est pas bon que nous soyons adorateur de Mammon, ce n’est pas bon pour nous, ni pour le monde autour de nous. Donc il faut replacer l’argent à sa place, comme un moyen utile, utile pour aider les autres, utile pour que nous soyons nous-mêmes en forme, en soignant raisonnablement notre corps, notre intelligence, notre foi, notre moral… mais pas comme une chose ultimement importante, mais pour être en forme et orienter alors cet être en forme que nous sommes dans une visée supérieure, par la foi, l’espérance et l’amour.
Pour placer (ou replacer) l’argent à sa place dans notre être comme un moyen et non comme une chose sacrée, il est bon d’apprendre à donner, on peut donner à qui on veut, à des associations au service des pauvres, à l’église, ou à une personne pauvre de son entourage…. mais il est utile d’apprendre à donner. Voir cet article sur l’argent dans notre bulletin.
Amitiés
pasteur Marc Pernot