Je suis de confession catholique mais
non croyante et non pratiquante, mais malgré tout en ce lendemain du
décès du Pape Jean Paul II, je me pose pas mal de questions,sur
le culte protestant.
J' aimerais en savoir plus, par exemple
si vous avez un "chef spirituel" équivalent au pape ou pas
? (si la question est ridicule pardonnez moi ) .
Bonsoir Valérie,
Les protestants n'ont pas de pape. Nous sommes très
attachés à ce que chacun puise lire la Bible et prier par lui-même,
et ensuite réfléchir et décider ce qu'il pense et ce
qu'il veut vivre. Cela peut paraître osé de laisser une telle
autonomie aussi bien à des personnes avec très peu d'instruction
qu'aux personnes les plus savantes. C'est pourtant le pari qu'a fait Jésus
(probablement très cultivé) en recrutant ses principaux disciples
parmi des pêcheurs de poisson. C'est le point fondamental de la Réforme,
avec de vrais programmes d'apprentissage de la lecture pour tous afin que
chacun ait accès à sa propre lecture de la Bible.
Nous n'avons donc pas de pape, on pourrait dire aussi que chaque
protestant(e) est pape pour soi-même, et que Jésus-Christ est
le pape de tous.
Avec mes amitiés fraternelles
pasteur Marc Pernot
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Bonjour,
Merci pour votre réponse, c'est très
gentil d'avoir pris le temps de m'ecrire .
Au risque de vous sembler ridicule je dirais que
le système de fonctionnement que vous décrivez me parait plus
"démocratique" (même si le mot peut paraître
fort) que dans l'Eglise.
Bonne journée
Valérie
haut de la page 
Oui, c'est vrai, le système protestant (réformé)
est plus démocratique et la liberté est une chose merveilleuse.
Mais la liberté à un coût. Il ne faut pas l'oublier,
car ce n'est donc pas si facile que cela :
- nous sommes libre de penser, mais le "protestant" qui ne
se donne pas la peine de penser, de lire la Bible, de prier, de réfléchir...
il ne pense pas grand chose.
- nous sommes libre de penser, de choisir ce que l'on pense et doit faire,
cela permet de s'adapter à la sensibilité et aux circonstances
de la vie de chacun à un moment donné de sa vie. C'est très
précieux, et sympathique. Mais dans une église (protestante
ou catholique) où le fidèle est plus guidé par une
doctrine et une morale obligatoire, le fidèle a l'esprit plus tranquille,
on lui affirme qu'il est dans la vérité de Dieu. Le protestant
réformé n'est pas très sécurisé, il
se demande toujours s'il n'est pas en train de se tromper de choix. C'est
pourquoi cette façon de vivre la foi chrétienne dans la
liberté et la responsabilité personnelle n'est possible
qu'avec le Dieu de la grâce, ce Père que nous révèle
Jésus-Christ qui pardonne et qui aime le pécheur. Du coup
cela devient formidable, on met simplement son cur, sa foi, sa pensée
pour avancer, et le reste appartient à Dieu.
Amitiés
pasteur Marc Pernot
Réaction d'un visiteur :
Pasteur,
j'ai été élevée dans la foi catholique et je reste très attachée au dogme de mon enfance où la Vierge Marie connaissait une place adorable et importante.
Aujourd'hui, je vis en Allemagne dans une ville avec une majorité de protestants. Je suis maintenant active dans la paroisse protestante de mon quartier qui fait des actions merveilleuses d'évangélisation, de prières très proches de la population et qui vit la foi chrétienne d'une façon beaucoup plus passionnante et plus réaliste que ce que je vivais dans les églises catholiques. Il n'empêche que je ne me suis pas "convertie" au protestantisme. Je considère nos frères protestants comme détenteurs de la même religion, de la même foi, de la même vérité, comme nous l'avait recommandé le concile Vatican 2.
De plus en plus cependant, je me heurte au problème de la différence de croyance à propos de la Vierge Marie. N'existe-t-il pas des discussions entre les deux églises catholique et protestante pour essayer de trouver un terrain d'entente à ce sujet, sur la base des Ecritures ? A mon avis, il serait préférable que les protestants accueillent cette source supplémentaire d'amour venant de la mère de Jésus bienheureuse comme le dit la Bible, la reine du ciel, la mère de Dieu, que Jésus nous a donnée en cadeau comme notre mère à tous, préservée par sa Grâce du péché originel, capable d'intercéder pour nous auprès de lui, comme une mère intercède pour ses enfants auprès du père, plutôt que d'en amputer les catholiques. D'autant plus que cette croyance en la Vierge Marie date de plus de 2010 ans, depuis les débuts des temps chrétiens, et que c'est 1500 ans plus tard que les réformistes ont décidé de le supprimer.
Pour notre salut à tous, pour le renforcement de la foi chrétienne dans le monde, pour mieux briller et illuminer le monde par notre unité, ne serait-il pas urgent de se mettre d'accord sur ce point qui nous divise et d'engager des discussions pour un rapprochement final et définitif entre catholiques et protestants, chacun pouvant par ailleurs garder ses particularités dans la célébration des cultes, qui peuvent être une source de richesse et non de division?
L'absence d'un chef spirituel contemporain pour les protestants semblable au pape des catholiques rend naturellement difficile ce rapprochement. A qui s'adresser pour engager le dialogue?
Réponse d'un pasteur :
Bonjour
Loin de nous l'idée de vouloir amputer les catholiques d'une spiritualité mariale. Il est tout à fait légitime qu'il existe des sensibilités particulières.
Nous sommes unis par la foi dans la même Dieu, avec le même Christ, par le même Esprit. Il y a un seul baptême, un seul Evangile. Nous sommes donc unis et le fait qu'il y ait des sensibilités différentes n'est pas un scandale, au contraire, cela manifeste que dans le Seigneur nous sommes dans la liberté. Le modèle que Paul donne de l'humanité est celle d'un corps avec des membres différents unis par une tête qu'est Jésus-Christ. Cette unité est visible précisément par les liens d'unités qui existent entre des personnes distinctes. C'est cela qui fait l'unité et l'unité visible. Cette unité n'est pas une fusion dans le même, mais une communion de personnes avec leurs différences.
L'objectif de l'œcuménisme n'est pas d'aller vers une fusion des églises, mais de manifester et de renforcer une communion. Il est particulièrement utile de respecter la foi de l'autre telle qu'elle est, que les protestants acceptent que certains catholiques aient une dévotion à Marie et reconnaissent cela comme légitime, et que ces catholiques reconnaissent comme légitime que certains ne prient que Dieu, au nom de Jésus-Christ.
Le dialogue se construit et se vit au jour le jour entre les chrétiens, dans les familles et au travail, il se tisse particulièrement entre les paroisses voisines dans la lecture biblique, dans les célébrations, dans l'action caritative... C'est à mon avis le plus important et le plus fécond, mais ce dialogue existe à tous les niveaux, et en particulier au Conseil Œcuménique des Églises (CŒ E), à la conférence des églises européennes (KEK), divers rassemblements comme le Rassemblement mondial des Eglises pour la Paix (17 au 24 mai 2011)...
Merci & amitiés
pasteur Marc Pernot