Cette question est vraiment en débat actuellement dans
notre église et dans notre paroisse. Voici quelques éléments
d'une réponse personnelle:
Normalement, l'accès à la Cène est réservé
à ceux qui ont été officiellement admis par une église
locale à la Sainte Cène, ce qui se fait à la suite d'une
catéchèse complète (donc à 15 ans pour les adolescents,
et après un catéchisme pour les nouveaux convertis). La discipline
de l'ERF a depuis peu assoupli cette mesure, ne donnant en fait plus de directives
concrètes (le problème en particulier est celui des catholiques
auxquels on ne veut pas refuser la Cène alors qu'ils n'ont pas été
explicitement "admis à la Saint-cène" dans une église
issue de la Réforme).
Sans attendre cette liberté, certains n'hésitaient pas à
laisser communier les enfants, de l'initiative, soit du pasteur, soit du conseil,
soit des parents eux-mêmes. (Pour ma part, j'y suis plutôt opposé,
mais je n'ai jamais fait de remarque lorsque au cours d'une saint-cène
que je présidais des parents laissaient communier leurs enfant)
En fait, tout est discutable. Si la Sainte-Cène est l'expression
d'une foi en Christ, on peut admettre que cette foi, même sous la forme
enfantine peut avoir une part de sincérité indiscutable. Et
de toute façon, quand est-on vraiment assez mûrs et instruits
pour pouvoir vraiment comprendre tout le sens de ce geste... (ça c'est
l'argument pour)
Un argument contre peut être d'invoquer le respect de l'enfant, et
d'attendre d'être un peu plus sûr que ce geste engagent vient
de lui-même, et non pas d'un simple désir d'imitation de ses
parents. Garder la Cène à des adultes, c'est dire en fin de
compte que le fait d'être Chrétien est avant tout un choix adulte,
et pas un conformisme familial.
Enfin, on peut penser que de retarder l'accès au geste lui garde
plus de valeur et lui donne un certain sérieux, comme engagement personnel
comme membre de l'Eglise du Christ (comme disciple du Christ), et que cela
ne peut se faire qu'après avoir été un minimum instruit
sur les tenants et les aboutissants du message évangélique.
Pour se situer par rapport à l'Evangile, il faut le connaître,
sinon, la cène risque de se réduire à un simple geste
chaleureux et irrationnel.
Le débat est donc ouvert... dans notre paroisse, la plupart des jeunes
communient pour la première fois au jour de leur engagement comme chrétien
lors de leur confirmation-Profession de foi, mais certains ont déjà
communiés avant, en particulier les enfants qui suivent également
un catéchisme catholique.
Bonne réflexion.
Louis